Drame

Crazy Blood (1983)

Chute

Drame social qui vire au thriller avec psychopathe, Crazy Blood (1983) est le fait de Lee Siu-Wa. Il signait son premier long-métrage, ses premiers faits d’armes éphémères dans l’industrie avant de s’éclipser et revenir au début des années 90.

Wei Ming (Ngai Dik) travaille comme photographe pour la police. Il est marié à Ching Min (Olivia Cheng Man-Nga), une assistante sociale. Ils sont les parents de Chia Pia (Leung Jun-Git), un enfant en bas âge. Alors que le métier de Ching Min s’immisce toujours plus dans leur vie de couple, un soir, Chia Pia, sans surveillance a un accident…

En marge des films qui étaient estampillés Nouvelle Vague au début des années 80, une certaine audace, dans le fond comme dans la forme se répercutait sur les films en marge de ce mouvement. Crazy Blood pourrait être de ceux-là. S’inscrivant dans un contexte social et traité par son auteur dans une veine réaliste, le film voyait le jour dans cette période propice à un renouveau de l’industrie cinématographique. Surtout, il était le fait d’un débutant dont la carrière se définissait comme une parenthèse, presque un accident. A l’image d’un Wong Ching ou bien d’un Tom Lau Moon-Tong, ces auteurs n’avaient souvent eu l’occasion de porter la casquette de metteur en scène qu’à une reprise uniquement voire dans une toute petite poignée. D’ailleurs, il est également intéressant de se pencher sur son producteur, Ng Wui, réalisateur de pas moins deux cent dix-sept films entre les années 40 et 70. Une seule production, un one shot donc comme son réalisateur, sentant sans doute le bon filon que pouvait représenter cette bulle créative du moment avec plus ou moins de réussite.

Crazy Blood suinte donc cette époque sortant des carcans des studios pour engendrer des films à thème. On découvre alors dans le film de Lee Siu-Wa une jeunesse désœuvrée, esseulée. Une jeunesse s’adonnant à des incivilités jusqu’au vol en passant par le viol. L’univers dépeint est glauque jusque dans ce portrait de mère célibataire avec enfant qui se prostitue pour survivre. A travers le personnage interprété par Olivia Cheng, nous plongeons dans un monde désenchanté où la violence est l’élément commun. Une violence qui contaminera le personnage endossé par Ngai Dik, lui qui en voit les conséquences dans son métier de photographe pour la police. Mais c’est après le drame qui le touchera lui et sa femme qui sera le véritable élément déclencheur. Ce dernier perd pied. Atteint psychologiquement, il s’enfoncera dans une spirale meurtrière. Le tout est orchestré non sans un certain aplomb par le metteur en scène où le seul reproche notable serait le traitement de So Fong, la sœur de Wei Ming. Il manque sans doute au personnage une scène ou deux pour l’étoffer.

Crazy Blood est un film prenant. L’auteur parvient à gérer la tension jusqu’à ce climax final que l’on qualifiera de malsain. Pas un grand film mais un film notable dans ce qu’il pouvait se faire aux prémices des années 80.

crazy blood_peloche

Fiche du film.

Merci à docpain (VCD)

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