Drame, Policier

Man on the Brink (1981)

Undercover in underworld

Scénariste-réalisateur de Man on the Brink (1981), Alex Cheung Kwok-Ming livrait-là son second long-métrage en pleine Nouvelle Vague hongkongaise. Le cinéaste prend le parti de traiter ce drame avec réalisme. Il nous plonge alors dans l’enfer d’un flic infiltré (Ngaai Dik) qui voit sa vie complètement chamboulée au contact des malfrats qu’il croise.

Ho Wing-Chui est un jeune flic en uniforme intègre. On lui donne une mission d’infiltration des triades. Sa mission est connue du plus petit nombre de la hiérarchie policière. Une mission qu’il garde par ailleurs secrète de sa famille et sa petite-amie. Une fois infiltré parmi les petites mains du crime organisé, il ne tarde pas à participer à certaines activités criminelles tout en étant aidé par un infiltré de longue date…

Style minimaliste et à fleur de peau, Man on the Brink d’Alfred Cheung nous livre une descente aux enfers sans fioriture et à l’état brut. Les propos sont durs et la survie qui se joue à l’écran est violente. A petit feu, on voit couler un homme bon, rongé par son côté obscur. Au contact d’un monde interlope sans scrupule, le personnage interprété par Ngaai Dik s’engouffre dans un chemin où le point de non-retour est ce point pessimiste qui s’incruste dans la ligne de mire. Sa vie lui échappe à mesure qu’il entre de plein pied dans cet univers brutal et où la frontière se fait de plus en plus floue. Happé par cette dualité qui l’habite, les relations deviennent de plus en plus tendues avec son entourage. Il se marginalise jusqu’à faire le faux pas qui l’entrainera dans les mésaventures du dénouement final. La tension dramatique y atteint son paroxysme. On parvient à ressentir de la peur pour le personnage de Wing-Chui pris au piège dans un immeuble, et dont les habitants furieux et armés recherchent un voleur. L’atmosphère sous haute tension provoque une émotion palpable chez le spectateur qui ne peut que se crisper sur l’issue de cette longue séquence. Il y a quelque chose de touchant de voir ce personnage de flic infiltré perdre ses repères et ne plus avoir d’identité. Flic ? Voyou ? Finalement, la frontière n’est pas si évidente. Et l’équilibre de l’individu peut s’en trouver corrompu. Si l’on doit beaucoup à la mise en scène de Man on the Brink qui se veut à la fois dynamique, à l’image de cette caméra portée mais aussi chaotique (dans le bon sens du terme), on pourra allouer les prestations des acteurs, une en particulier, celle de Ngaai Dik. L’acteur y réalise une performance de taille, renforcée par sa transformation physique tout du long comme ce sera le cas pour son interprétation dans The Security (1981). Il parvient à retranscrire toutes les frustrations mais surtout toute l’impuissance de son personnage face aux évènements. Il endosse parfaitement le sujet du film : l’impossibilité pour l’individu d’échapper à sa condition sociale, l’impossibilité d’échapper à son destin et à la fatalité.

Sans nul doute, Man on the Brink s’inscrit comme une référence du polar social qui n’hésite pas à montrer les plus bas instincts de l’âme humaine. Son réalisme désenchanté sur cette déchéance fait froid dans le dos. On sort de son visionnage déconcerté et profondément touché par le destin de Ho Wing-Chui. Un must see.

man on the brink_peloche

Fiche du film.

Merci à RyoSaeba.

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2 réflexions sur “Man on the Brink (1981)

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