Epouvante/Horreur

The Beasts (1980)

Jungle

Lorsque l’on vient à parler d’un film de la trempe de The Beasts (1980), une chose revient : un grand oublié du cinéma hongkongais. Un film qui n’a pas eu la chance de passer à la postérité alors qu’il avait tout pour. Pur film d’exploitation à l’états-unienne aussi bien dans le fond que la forme, The Beasts se défait de tout carcan attrait au cinéma local pour nous offrir un spectacle horrico-gore à part entière.

Dennis Yu signe avec The Beasts son premier film en tant que réalisateur. Surtout il nous invite dans un rape and revenge de haute volée créant une ambiance singulière. On y suit un groupe de jeune gens qui vont faire du camping dans un coin paumé. Ces derniers vont alors croiser un groupe d’individu qui donne le titre au film. Véritable animaux évoluant sans aucune contrainte. Ils violent, volent et tuent sans une once de compassion et de regret. Le cadre où prend place l’action du film est un lieu reculé, loin de toute urbanisation. On se perd dans une bourgade à la densité pauvre et aux maisons décrépitent. La nature règne en maître. Si la nature par sa verdure tend à donner une image « jolie » en général, elle cache en réalité ici les instincts grégaires d’un autre temps ; ceux d’un groupe d’homme qui règnent véritablement en maître sur elle ou comment la loi du plus fort prend place sans discernement. Cette nature dévoile alors un visage glauque tout en nous enfermant dans un piège ensanglanté.

La réussite d’une œuvre d’exploitation comme celle-ci est de parvenir à nous tenir en haleine, tout en y distillant une tension palpable de tous les instants. Le pari est réussi tant elle suscite en nous une peur viscérale. La mise en scène de Dennis Yu y est pour beaucoup puisqu’elle crée une œuvre dérangeante. Elle nous enveloppe dans une atmosphère dont la bande son participe vivement à l’immersion. Le rythme est savamment soutenu comme son suspense qui nous offre une vengeance à la fois ingénieuse et animale. On pourrait également louer les prestations des acteurs au jeu juste dont se détache un Kent Cheng Jak-Si impeccable. Ce dernier interprète un jeune homme simplet, témoin des horreurs de ses acolytes. On parvient à distinguer en lui une certaine forme de souffrance enfouie.

The Beasts est un film âpre et violent. Il montre ce qu’il y a de plus vil et bestiale chez l’homme. Une plongée dans l’horreur qui interpelle sur la légitimité de la vengeance. Un film qui aurait mérité un tout autre écho tant il marque d’une empreinte forte un tournant dans cette industrie cinématographique hongkongaise d’alors.

Notons que la vengeance est ici personnifiée par l’acteur Chan Sing qui s’illustra notamment dans divers rôle de méchant pour Chang Cheh.

Ngaai Dik qui tient l’un des seconds rôles notables allait s’affirmer l’année suivante dans deux rôles majeurs de sa filmographie avec les films Man on the Brink et The Security.

Patricia Chong Jin-Yee, la « première victime » de ce long-métrage débuta sa carrière sur grand écran avec The Saviour (1980) de Ronny Yu Yan-Tai (The Trail, 1983), l’un des cinéastes qui marqua de son nom la Nouvelle Vague HK.

Fiche du film.

Merci à thesmileysmiler (DVD)

Par défaut

6 réflexions sur “The Beasts (1980)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s