Action, Comédie, Drame, Triade

Metade Fumaca (1999)

Problèmes de mémoires

Scénariste-réalisateur de Metade Fumaca (1999), Ridley Yip Kam-Hung livrait une comédie dramatique intimiste. Au travers d’un fond et d’une forme originale, il offrait une balade cinématographique douce-amère.

Après avoir passé trente ans au Brésil, Moutain Leopard (Éric Tsang Chi-Wai) débarque à nouveau à Hong Kong. Il a deux buts. Le premier : retrouver son amour passé. Le second : tuer Nine Dragons, son rival de toujours. Alors qu’il se rend à son ancienne adresse, il croise le chemin d’un petit voyou, Smokey (Nicholas Tse Ting-Fung) qui venge une prostituée. Appréciant le geste du jeune homme, Moutain Leopard lui demande de l’aider à assassiner Nine Dragons. Les deux hommes se mettent alors à sa recherche…

Metade Fumaca dépasse le cadre établit du film de triades lambda. Que ce sous-genre soit inscrit aussi bien dans une veine comique que sérieuse. Ici justement, l’auteur mélange ces différents tons. L’humour flirte avec des instants plus tragiques en inventant ses propres codes. Ridley Yip raconte la quête de Moutain Leopard et par extension celle de Smokey. Elle nous permet de faire la rencontre de personnages touchants, de jolies rencontres donc dans cette vie et ses coups du sort. A la fois léger et lourd de sens, l’auteur nous interroge sur la perte d’identité, à travers la maladie de son personnage principal. Si ce thème est un sujet dur, jamais Ridley Yip ne tombe dans le mélodrame lourdingue. Il met en image une histoire intime sur les relations humaines, entre rêve et réalité, mais aussi entre les désirs et les cruelles vérités qui nous touchent tous. Ces quêtes mélangées nous permettent ainsi de revenir vers des sujets comme l’amitié et l’amour, des sentiments définissant un Homme et l’importance que cela suscite pour tout à chacun. Les personnages d’Éric Tsang et Nicholas Tse se font alors échos. L’un recherche son passé (sa petite-amie, son rival). L’autre recherche quant à lui son père, du moins c’est le désire de sa mère ex-prostituée (Elaine Kam Yin-Ling). Metade Fumaca offre donc ces moments de vies qui ont tous leur importance, même le plus infime. Ces personnages nous parlent, notamment grâce à des acteurs qui remplissent largement leur rôle respectif. Le duo d’acteur parvient à émouvoir comme de faire sourire mais pas que. On notera pour l’occasion le reste du casting avec des guests forts sympathiques, véritable apports à cette entreprise réussie.

Avec Metade Fumaca l’émotion est au rendez-vous. On assiste à un long-métrage éthéré, d’une sensibilité palpable, agréablement photographié (Peter Pau Tak-Hai), savamment orchestré par sa bande originale et maitrisé de bout en bout. Un souvenir filmique que l’on veut (et qui le sera) plus durable qu’une cigarette qui se consume…

metade fumaca_peloche

Fiche du film.

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