Comédie, Drame

Double Decker (1984)

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Mis en scène par l’un des réalisateurs de la Nouvelle Vague HK, Double Decker (1984) est le fait de Peter Yung Wai-Chuen. Ce dernier qui additionne les casquettes de scénariste-réalisateur ainsi que celle de producteur signe une comédie dramatique douce-amère.

Jim (Poon Chun-Wai), un tire-au-flanc doublé d’un dragueur invétéré qui a arrêté ses études rêve de travailler dans l’univers de la mode en tant que créateur. Jouant de son sex-appeal, il ne parvient pourtant pas à ouvrir les portes qui seraient synonyme de réussite. En attendant, il traîne avec son meilleur ami, Fatty Fook (Fofo Ma Seung-Ngok) en faisant le tour des boites de nuit et tout en esquivant son ex, Cat (Kara Hui Ying-Hung) dont il apprend qu’elle est enceinte…

Co-scénarisé par Eddie Fong Ling-Ching (l’un des acteurs de la Nouvelle Vague émergente), Double Decker nous plonge dans le quotidien d’un trio, ceux de jeunes gens entrant dans la vie adulte. L’image dépeinte par Peter Yung est une espèce d’insouciance tandis que la réalité de la vie frappe à la porte de ses personnages. Naïfs, ses personnages justement ont cette facilité de se laisser vivre, prenant les choses de façon légère entre drogue, amusement et relations sulfureuses. Pourtant, c’est lorsqu’ils trouvent une barrière à l’une de leur ambition, celle de partir aux États-Unis pour commencer une nouvelle et meilleure vie que les événements vont dérailler. Sans argent nécessaire, ils ne trouvent qu’une solution illégale pour parvenir à leur rêve commun. Très vite et sans prendre conscience des conséquences de leurs actes, ils pénètrent dans une spirale qui les oblige à fuir, et du même coup s’éloigner un peu plus de leur rêve. Le dénouement de ce film où frappe la tragédie questionne alors sur le devenir de ces jeunes adultes, futur d’un Hong Kong plongé dans un futur incertain. La dernière image, celle d’une embarcation qui semble à la dérive est criante tant elle évoque le pessimisme qui contamine un territoire et ses habitants.

Double Decker est une œuvre sans fioriture qui se laisse suivre, correctement mise en scène. Elle n’échappe pas à quelques passages en deçà du niveau général. Un film qui se laisse regarder mais qui n’a pas ce petit « truc » qui nous le fera rappeler bien après sa vision. Pourtant, une chose pourrait le sortir du lot des « films qui se regardent » et faire de lui un film dit « notable ». Le fait que Peter Yung en réalise une allégorie de la rétrocession de 1997. Et qu’aux travers des éléments distillés, il imprime sur pellicule les craintes et les incertitudes de ses contemporains.

double-decker_peloche

Fiche du film.

Merci à Toto14 (VCD)

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