Action, Comédie, Policier

Danger Has Two Faces (1985)

Gun

Quatrième long-métrage d’Alex Cheung Kwok-Ming (qu’il co-écrit avec Yuen Kai-Chi), Danger Has Two Faces (1985) est un film policier aux pointes humoristiques et dans lequel un tueur aux agissements énigmatique sévit.

Alors qu’il débarque d’Angleterre, Bobby (Bei Cheung) prend ses fonctions d’inspecteur de police sous les ordres de Lau Chak-San (Paul Chu Kong). Ce dernier le met sur deux enquêtes. D’une part, la recherche d’un tueur mystérieux abattant des malfrats. D’autre part, elle vise l’arrestation d’un gang de braqueurs. Au fil de son investigation, il découvre que ces enquêtes s’entrecoupent et qu’une taupe serait présente au sein de la police…

Danger Has Two Faces avait du potentiel. C’est le constat auquel je suis arrivé en fin de visionnage. Le film démarre tambour battant. En une poignée de plans, Alex Cheung parvient à créer une atmosphère singulière. Il fait planer le mystère sur un homme qui se prépare à aller remplir un contrat. La mise en scène est stylisée. La photographie est quant à elle travaillée. Il s’en dégage une puissance peu commune qui accroche le spectateur. Surtout il y a un emballement nous faisant entrer de plein pied dans l’adrénaline de l’exécution armée. Dans un métro, la fusillade qui suit termine par nous scotcher. C’est à la fois violent et ensanglanté. Les fulgurances gores interpellent et sont du plus bel effet. Encore faut-il supporter la vue d’une chair humaine qui explose et se décompose sous l’impact d’une balle. Les images sont dures, sales. Les armes à feu et les munitions sont faite pour tuer. Et une forme de réalisme exagéré nous fait prendre conscience de la chose, plus qu’un millier de gunfight. Alex Cheung donne dans le polar réaliste et sans concession. Après cette introduction, nous sommes plongés dans le marasme d’un commissariat. La caméra est vive, capte ces vies qui bouillonnent : flics, victimes et supposés délinquants sont mélangés. Danger Has Two Faces place la barre haute et nous laisse espérer un film coup de poing, à fleur de peau. Pourtant très vite, on comprend.

On comprend que Danger Has Two Faces ne sera pas de ces grands films policiers voire tout court. Pas aux premières incursions comiques, non. Cet aspect-là apporte justement un côté « vrai ». Puisque dans la vie on rit, on pleure. Non, c’est franchement au contact des braqueurs et lors de la caractérisation de certains policiers que les choses apostrophent. On prend conscience que Danger Has Two Faces est un film d’action policier comique. Il n’est pas un polar à l’ambiance noire tout du long, seulement par touche. L’humour y désamorce toute tragédie. Une grande part des moments dramatiques sont mal gérés. Et on ne s’étalera pas sur une intrigue sans surprise où tout est joué d’avance. En visionnant le film, on ne pourra s’empêcher d’avoir ce sentiment, celui de se dire que cette production Shaw Brothers avait du potentiel. Certains éléments auraient même pu se faire valoir à côté d’un Long Arm of the Law (1984), c’est dire. D’ailleurs, le personnage campé par Leung Kar-Yan en est pour quelque chose. Même si l’acteur joue comme il a toujours joué d’un film de kung fu à un film de gangster lambda, ce personnage avait matière à développer. Malheureusement, rien. Alex Cheung fait avec un scénario tourné vers l’enquête policière facile et sans entrain, sans élaborer ses personnages. Rien n’en ressort donc vraiment. Et l’implication de la petite-amie de Bobby (Goo Ga-Lau), on ne comprend pas. Un gâchis.

Avec son histoire brinquebalante et écrit à l’emporte-pièce et ses moments gâchés mais parfois forts inspirés, Danger Has Two Faces est un film bancal et inégal. Il offre tout de même un spectacle qui tient la route. A l’image de son final qui entre dans la droite lignée de ces climax de fin de métrage explosif.

danger has two faces_peloche

Fiche du film.

Merci à Winterheat (DVD)

Carton de fin…

danger has two faces_carton fin_peloche

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2 réflexions sur “Danger Has Two Faces (1985)

    • Content de voir qu’on a la même vision des choses.

      Franchement, à l’époque les Shaw, ils avaient une façon de dynamiter (en mal) leur film que s’en est consternant. Ça voulait reproduire les recettes qui marchaient mais ça n’osait pas y aller franchement.

      Un film qui aurait pu devenir culte s’il avait maintenu le sérieux et le jusqu’au-boutisme dans l’absurde de l’intro que tu soulignes.

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