Drame, Ero'/Porn'

Comfort Women (1992)

Centre de délassement

Mise en scène par l’un des clones de Bruce Lee Siu-Lung dans les années 70 et 80, Bruce Le Comfort Women (1992) est un film de guerre historique au softcore prononcé.

Tomi (Lily Lee Lee-Lee) est une reporter de guerre qui découvre l’existence d’un centre de femmes de réconfort en Chine pour les soldats japonais. Avec son compagnon, Kenichi (Bruce Le) elle décide de dénoncer cet esclavagisme sexuel mais l’autorité militaire nippone parvient à la bâillonner en l’enrôlant de force. Alors que Tomi vit les pires sévices, Kenichi met tout en œuvre pour la retrouver…

Comfort Women traite d’un sujet que l’on pourrait aisément qualifier de sensible, encore aujourd’hui au Japon. Des « femmes de réconfort » (japonaises, chinoises, coréennes, philippines,…) « recrutées » (sous couvert de mensonge) ou enlevées pour maintenir le moral des troupes nippones. Ou comment l’Armée impériale mis en place l’esclavagisme sexuel à travers l’implantation de maison close dans les zones occupées. Le propos dénonciateur d’un tel épisode de l’Histoire est tout à l’honneur de Bruce Le. Ce dernier semble d’ailleurs surfer sur une demande de procédure judiciaire contre le Japon qui fit grand bruit, internationalement parlant en 1991. Pourtant, il est difficile de ne pas voir dans ce Category 3 un film d’exploitation propice à racoler (scène de douche, complaisance dans la nudité,… en somme tout ce que peut offrir le film de prison lambda). Sous couvert de dénonciation, Bruce Le n’épargne rien aux spectateurs. On assiste à diverses situations toutes plus cruelles les unes que les autres. Tortures, viols, massacre,… Bruce Le va jusqu’à mettre en lumière les expériences sur des cobayes humains de l’unité militaire de recherche bactériologique de l’Armée impériale japonaise, l’unité 731. Difficile alors de jauger le bien fondé d’une telle démarche.

On pourrait alors dire de Comfort Women qu’il est tiraillé entre deux situations. La première, offrir un témoignage sur des exactions passées, et passé sous silence. Bruce Le développe un récit dans une veine documentaire, notamment en faisant appel à des archives (dispatchés tout du long). La deuxième, elle touche de près à la production qui racole. Dur de passé outre, cette démarche putassière qui désamorce l’intégrité de l’entreprise filmique. Au-delà de ce dualisme artistique (s’il en est), Bruce Le a au moins le mérite de mettre en image ces évènements tragiques. D’autant plus que globalement, il livre un travail honnête que ce soit dans la reconstitution d’époque ou bien le drame humain qui se joue. On soulignera la direction des acteurs, où tous offrent des prestations notables qu’ils soient confirmés ou non. Les interprétations participent donc aux points positifs. Pour le reste, on notera quelques scènes de guerre où mitraillages et explosions sont de la partie. Il ne s’en dégage rien d’extravagant. On sent que la production fait avec les moyens qui sont les siens, c’est-à-dire limités. Quant au point final, inutile de vous dire qu’il est d’une noirceur et d’une tristesse à l’image de ces faits historiques.

Film hybride parce que sans réel parti-pris dans son traitement, Comfort Women, s’il joue la carte de l’exploitation mérite qu’on s’y arrête. Bruce Le met en lumière un sujet fort pour un développement qui l’est tout autant.

comfort women_peloche

Fiche du film.

Merci à alloc (VHS)

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