Action, Drame, Triade

Just Heroes (1989)

Back in time

John Woo et Wu Ma sont aux commandes de ce Just Heroes (1989), un actioner prenant place dans le milieu du crime organisé. Surtout, ils réalisaient, avec l’appui de nombreux acteurs de renoms un « film-charité ». L’argent gagné aurait dû être destiné à leur mentor : Chang Cheh, vivant alors dans la pauvreté. L’histoire voudra que le « maître » refuse l’argent qui sera finalement destinée à une association de réalisateurs en devenir.

Lors de l’assassinat de leur boss, les membres d’un clan mafieux tentent de lever le voile sur sa mort. Mais tandis que l’homme désigné par son testament pour lui succéder a pris ses distances avec le crime, c’est une guerre entre malfrats, motivés par les soupçons qui voient le jour…

Petit polar qui souffrira toujours de la comparaison avec les films majeurs de John Woo, Just Heroes souffre avant tout d’une histoire pas originale pour un sou. L’écriture est faiblarde comme ces personnages issus du cahier des charges du film de Triade. Sauf que Just Heroes n’a pas l’ambition ou la prétention de renouveler le genre. Le but étant, avant tout d’être explosif et violent avec ses multiples gunfights où les corps perforés se ramassent à la pelle. A cela et dans la grande tradition du polar nerveux, on soulignera le final cataclysmique, avec ses ralentis et ses travellings. On y retrouve également les thèmes wooien comme la loyauté/trahison et l’amitié virile dans un univers sombre. Il en va de même des rôles féminins qui sont toujours de l’ordre du pot de fleur, bien que le personnage de Cally Kwong Mei-Wan soit un peu plus esquissé qu’à l’accoutumé. Le tout orchestré par cette musique si caractéristique, rythmant ces acteurs, tous ou presque issus de la Shaw Brothers des années 60 et 70. Ces corps du passé tenant la dragée haute et qui nous invitent à une dernière danse ensanglantée. A travers ce Just Heroes, il y a beaucoup de nostalgie qui suinte, jusque dans son titre, référence qui brise la ligne de démarcation entre la réalité et la fiction. On assimile le casting à ces personnages qu’ils ont campé, de cette époque faste du film d’arts-martiaux passé à ces polars reprenant des codes usés jusqu’à la corde. Finalement, c’est assez bizarre lorsqu’on y pense. Just Heroes n’est pas un film d’action lambda, il est une espèce de prisme qui reflète les gloires passées, une époque révolue qui n’existera plus, comme répété inlassablement.

Si l’on s’arrête essentiellement sur l’actioner, Just Heroes est une série B de bonne facture. Malheureusement, le film souffre de ses parties mélodramatiques redondantes et franchement lourdes.

just heroes_peloche

Fiche du film.

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