Drame, Ero'/Porn'

Super Gigolo (1993)

Dreaming Paradise

Producteur et réalisateur de Super Gigolo (1993), sans doute aussi scénariste au jour le jour, ceux du tournage, Lee Wai-Lap livrait en pleine vague érotisante ce Category 3 dénudé aux teintes dramatiques. Sauf que lorsqu’on se penche sur la filmographie du garçon, on s’aperçoit que ce Super Gigolo n’est autre que son City of Love (1992). Ce dernier est juste plus long de cinq minutes, cinq minutes supplémentaires qui doivent se retrouver en début de film. (*)

A Hong Kong, Jay cumule les petits boulots pour faire venir sa moitié, Jane. Le jour de son arrivée, il part l’accueillir. Tous les deux sont des chinois du continent mariés qui espèrent une meilleure vie. Mais après un accident de la route, Jane est hospitalisée. Sans moyen, Jay se retrouve à emprunter de l’argent à l’une de ses patronnes, Fatty qui tient un night-club dans lequel il est serveur. Pour rembourser ses dettes, elle l’oblige à se prostituer auprès de riches clientes…

Lee Wai-Lap aura livré en tout et pour tout trois films érotiques à la grande famille du cinéma. Il ponctuait donc sa courte filmographie de deux années avec Super Gigolo, dans lequel on reconnait notamment William Ho Ka-Kui, tronche du cinéma HK et habitué de ces productions de deuxième voire troisième zone. Il y interprète un mafieux dont la seule importance est d’entrer en « conflit » avec la tenancière du night-club qui prostitue Jay. Petite parenthèse. Fatty, la tenancière semble être la même actrice qui campe la femme de Stuart Ong dans Indecent Beast (1994) et qui découvre son infidélité. Parenthèse refermée. Le conflit, vite expédié au demeurant prend sa source dans les qualités dont fait preuve Jay en tant que gigolo. Ce dernier affiche en peu de temps une réputation qui le voit affublé du surnom « Big Two » et que les clientes s’arrachent. Le personnage de William Ho y voit là une façon de gagner un peu plus d’argent mais c’est sans compter sur Fatty, femme tenace caractérisé par son fume-cigarette. On connaissait les conflits pour les prostituées, Super Gigolo nous offre une autre optique et vise les prostitués. La finalité reste la même et ce pauvre Jay, tiraillé se pose là. Il cache cette double vie qui l’embourgeoise à celle qu’il aime, Jane mais il est vite rattrapé par cette situation. Surtout lorsque Polin, l’une de ses riches clientes tombe amoureuse de lui et décide de violenter Jane. Et un Category 3 dramatico-érotique sans scène de viol, c’est un peu comme une pizza 4 fromages sans fromage. Il arrivera donc, dans la dernière partie du film ce qu’il devait arriver ! Ce traumatisme que vivront Jay et Jane amènera leur départ avec cette dernière réplique : « We’d better leave the Dreaming Paradise ». Ils quitteront donc le Paradis qu’est Hong Kong. Ce Hong Kong qui les spolie, prostitue, viol…

Super Gigolo est un softporn plutôt monotone qui surfe sur les productions du même acabit, et qui n’est qu’une version courte de City of Love (1992). On y montre encore et toujours une prostitution qui enrichit, aussi bien le proxénète que le prostitué. Une façon comme une autre de légitimité la chose. On y suit également l’éternelle initiation au métier ainsi que l’entrainement pour être performant au lit. En bref, du vu et revu, sans réel talent dans la narration, celle d’une histoire qui enfonce un peu plus la condition des mainlanders à HK.

super gigolo_peloche

Fiche du film.

Merci à Winterheat (LD)

(*) Ainsi qu’à Junta pour m’avoir permis de réaliser le parallèle entre City of Love (1992) et Super Gigolo (1993).

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