Drame

Burning Snow (1988)

Snow bl-ue/ood

Drame taïwanais signé par Patrick Tam Kar-Ming qu’il a co-écrit avec Lai Ming-Tong, Burning Snow (1988) alias The Burning Rain est le sixième long-métrage de son auteur.

Une jeune femme, Cher (Yip Chuen-Chan) a été vendu par sa famille pour être marié à Chung (Wong Yee-Luk), un homme beaucoup plus âgé qui tient un restaurant avec sa mère. Chung est un homme violent qui n’hésite pas à violer Cher, souffrant de cette situation. La vie de cette dernière prend un virage inattendu le jour où elle croise la route de Wah (Simon Yam Tat-Wah), un fugitif condamné à mort…

Burning Snow fait partie de ces films maudits comme il arrive à certains cinéastes d’en connaitre dans leur carrière. Si Patrick Tam avait déjà eu des soucis lors du tournage de Nomad (1982) en étant en conflit avec ses producteurs, il connaitrait le même sort sur cette œuvre. Produit par Clarence Yip Wai-Chung et Chu Yen-Ping, Burning Snow sera remonté par ces derniers. A cette occasion deux versions du film verront le jour : une version pour le marché taïwanais, épurée de certaines scènes de sexe et une version hongkongaise moins prude (*). En plus d’être un film maudit pour son auteur, Burning Snow deviendra un film rare, où l’on se dit de lui qu’il n’existe plus de copie. Patrick Tam désavouera les deux versions en considérant que la version acceptable aurait été un mélange des deux versions existantes. Quoiqu’il en soit, Patrick Tam fait de Burning Snow une œuvre qui retranscrit les caractéristiques de son cinéma. On y découvre un personnage féminin qui s’émancipe de sa condition. On sait qu’elle est issue d’une famille pauvre. Patrick Tam en fait une icône érotique, subissant des sévices quotidien. Elle pourrait être issue de ces œuvres dénudées nippones, où certains personnages féminins, objet du désir sous le joug masculin dégagent une aura érotisante en tentant de s’affranchir de leur condition. On y retrouve également un travail sur la couleur bleu, initié dans des œuvres comme Love Massacre (1981). Un bleu particulièrement étudié pour lequel on soulignera, ici le travail de qualité de son chef opérateur : Christopher Doyle. La chose malheureuse étant la qualité de la copie qui ne rend pas honneur à son talent. Et comme souvent avec Patrick Tam, il nous dépeint une histoire d’amour à l’issue dramatique, où le bleu laisse place à un rouge de mauvais augure.

On dit du film que le tournage aurait débuté sans un scénario terminé. Et de ce fait, on pourrait regretter que certains personnages ne soient pas plus détaillés, qui par ailleurs sont tous bien campés. Pourtant, Burning Snow dégage cette chose particulière qui incite le spectateur à créer cet imaginaire les entourant. Le film n’est pas parfait, c’est un fait. Mais l’errance amoureuse tragique de cette jeune femme parvient à toucher, renforcées par les touches musicales qui se marient admirablement aux séquences misent en scène.

Avec un peu de recul, il est difficile de juger une œuvre désapprouvée par son auteur, œuvre qui ne représente pas sa vision des choses. Plus encore lorsqu’on connait un minimum le cinéma de ce dernier. Il n’empêche qu’elle en dégage tout de même des qualités et se révèle alors digne d’intérêt, rien que pour cette emprunte si spécifique du cinéma de Patrick Tam.

(*)La version taïwanaise a des dialogues différents et une voix-off plus présente. Les scènes de sexe sont éditées de façons différentes en raison de la censure. De plus, une séquence de rêve supplémentaire est présente. (Source : valorasII)

burning snow_peloche

Fiche du film.

Version HK

Merci à wisely (VHS) et à valorasII

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