Epouvante/Horreur

Expensive Tastes (1982)

Le cactus

Sur un scénario de Chan Kiu-Ying, Expensive Tastes (1982) de Ho Fan qui deviendra par la suite un chantre de la Category 3 érotique est un thriller d’épouvante mettant en scène un psychopathe.

Shu Ching (Henry Yu Yung) est le fils d’un riche homme d’affaire (Ng Yip-Gwong) qui passe devant les tribunaux après avoir violé une jeune femme, Mei Bo (Mabel Kwong Mei-Bo). Il ressort libre et devient le sujet d’une journaliste, June (Flora Cheung Tin-Oi). Accessoirement photographe de mode, Shu Ching nourrit alors ses pulsions sexuelles en jetant son dévolu sur June. Cette dernière part en campagne journalistique contre lui.

Expensive Tastes est baigné d’influences. On sent l’emprise du giallo sur cette œuvre de Ho Fan. La mise en scène de l’auteur est stylisée. Les artefacts du slasher suintent dans cette atmosphère pleine de suspense. Et les meurtres sanglants sont remplacés ici par les agressions sexuelles dans lesquelles le personnage principal se fourvoie. Le film emprunte également aux films de vengeance dans cette façon qu’a le personnage de Flora Cheung de mener son enquête journalistique et plus encore avec la scène finale qui rappellera forcément Halloween : La Nuit des masques (1978). Ho Fan apporte une dimension purement hongkongaise qui malheureusement n’évite pas un certain ridicule. On pense notamment à cette scène de la salle de bain où une agression sexuelle prend place, comme le traumatisme qui pousse Shu Ching à haïr les femmes. D’une part, il y a la réaction de la future victime à l’eau. D’autre part, on justifie plus que légèrement les causes. A côté de cela, les scènes du procès discréditent l’entreprise filmique de Ho Fan. Si son but était de montrer de quelle façon est traité une victime de viol face à une figure de la société, on peine à croire que les débats du procès puissent être menées de cette façon. La victime est prise à partie par l’avocat de Shu Ching qui lui pose des questions déplacées. Mais c’est surtout le comportement du juge qui rejette toutes les objections de son avocat. Mais pourquoi pas ! Parce qu’à côté, Expensive Tastes est assez captivant pour se laisser entrainer dans cette histoire de psychopathe qui collectionne les cactus. Il faut voir l’adoration quasi-masochiste et hypnotique qu’il leur porte. Un personnage au-dessus des lois qui évolue sans aucune contrainte et qui ira jusqu’à se vanter auprès d’une connaissance d’avoir violé sa petite amie ! Autant dire qu’il vaut le détour, surtout que Henry Yu l’interprète très bien.

Expensive Tastes offre un spectacle convenable qui n’hésite pas à offrir des poitrines dénudés. Je souligne cela lorsqu’on connait la tournure de la carrière de Ho Fan. A côté de ça, il offre des choses intéressantes qui ne sont jamais bien loin de tomber dans le grand-guignolesque.

A noter que le producteur, Thomas Fung Wing-Fat n’est autre que celui qui produisit le film de Tsui Hark, L’Enfer des armes (1980). Il est amusant de retrouver dans Expensive Tastes un clin d’œil à cette première production. En effet, on y voit un poster qui rappelle étrangement celui du film de Tsui Hark. Il est d’ailleurs amusant de constater que le personnage campé par Henry Yu, en caméra subjective écrase quelque chose dessus. Serait-ce un signe d’animosité ou de rancœur… ?

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Quant au poster de L’Enfer des armes aka Dangerous Encounter – 1st King : CLIQUE.

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Fiche du film.

Merci à Supavince

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4 réflexions sur “Expensive Tastes (1982)

    • T’es le meilleur des commerciales. Tu me vends un film sans l’avoir vu.😉 Bon, je délire mais en plus, en connaissant tes goûts, y a moyen que tu apprécies le spectacle. Tu verras que la photo est parfois travaillée mais la copie VHS ne lui rend pas honneur.

  1. Effectivement, assez sympa, avec tous les défauts que ce genre de production early 80’s comportent. Le film m’a vraiment rappeler les ambiances de Savior ou Cop Killer, voir même He lives by night avec ces flashbacks maladroits…

    Bien joué pour l’affiche de l’enfer des armes, pas sûr que j’aurais fait le lien, mais c’est sûrement pas le fruit du hasard. C’est une cigarette que le gars écrase dessus…

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