Action, Drame, Triade

Tong – A Chinatown Story (1986)

Chinatown NY

On oublierait presque que Phillip Chan Yan-Kin n’est pas qu’un acteur de cinéma au faciès reconnaissable, mais qu’il a également pris part à plusieurs corps de métier de l’industrie du septième art. Producteur (Encore, 1980), scénariste (Long Arm of the Law, 1984) ou même compositeur (The Servants, 1979), c’est en tant que metteur en scène qu’il nous intéresse ici. Avec Tong – A Chinatown Story (1986), il offre un film de gangster qu’il délocalise aux États-Unis, à New-York en réalisant un bref passage par Hong Kong.

Cachés dans la jonque de leur oncle et tante, Paul (Tam Tak-Ban) et Mickey (Simon Yam Tat-Wah) sont deux jeunes frères qui fuient la Chine pour Hong Kong. Les années passent et on les retrouve jeunes hommes. Ils débarquent à New-York avec l’espoir de devenir riche. Alors que Paul s’acoquine à des malfrats, Mickey doit faire face à un gang qui fait sa loi dans Chinatown. Ce dernier, épaulé d’une bande d’amis ne tarde pas à les affronter…

Qui dit film de gangsters dit règlements de compte, des affrontements physiques ou armés pour un bizness ou un territoire à défendre. Tong – A Chinatown Story respecte le cahier des charges et livre ainsi son lot d’action violente, souvent ponctuelle mais d’une brutalité froide par son aspect réaliste qui s’en dégage. « Réaliste » est le mot qui résume parfaitement cette œuvre de Phillip Chan. Ce dernier dégage de son propos un tableau réaliste (donc) de la situation des immigrés asiatiques qui travaillent dur et qui sont ghettoïsés dans un quartier. A travers quelques scénettes et le destin de ces deux frères, il fait surtout le choix de décrire un tableau obscur de leur condition sociale. Si Paul, le frère plus âgé décide de son libre arbitre de s’adonner à des activités illégales, son jeune frère Mickey doit faire face à son environnement qui agit comme un rouleau compresseur. Étudiant, on découvre avec lui la surpopulation des classes et une délinquance omniprésente qui plombe toute réussite par les études. Il est surtout victime de circonstances qui l’amène sur cette voie délinquante jusqu’à le faire tomber dans la criminalité. Une ascension dans le crime organisé qu’il n’a vu venir dans sa chute délinquante. On pourrait y voir une dénonciation du communautarisme et des vies en vase clos qui condamnent toute émancipation de l’individu. C’est d’autant plus frappant lorsqu’une nuit Stacey (Daisey Yung Nga-Wan) avoue à Mickey son souhait de partir loin de ce quartier et d’une condition qui la prédestine à l’échec social. La réussite par le crime est un leurre auquel le personnage de Simon Yam va devoir faire face, et ce, non sans quelques déconvenues qui remettront en cause l’amitié et la loyauté. Tong – A Chinatown Story semblait idéaliser la petite bande de Mickey qui était à l’image de l’Amérique, un melting-pot des origines et des couleurs. C’était sans compter sur la pression sociale en filigrane ainsi que la perversion de l’argent et du pouvoir qui annihile tout. Tong – A Chinatown Story est un point de vue personnel, celui du cinéaste, comme un Polaroid® prit à un instant T : Chinatown, ses gangs de jeunes délinquants se faisant la guerre, la drogue, des autorités impuissantes et une population alarmée…

Avant d’être un film de triades lambda qui se défend sur certains points, Tong – A Chinatown Story se montre comme un drame social qui n’évite malheureusement pas quelques stéréotypes. Globalement, il est un film réussi, porté par un jeu d’acteur convaincant et qui offre un propos (contestable ?) non dénué d’intérêt.

A noter que le film est également connu comme Tongs et Tongo : A Chinatown Story.

tong - a chinatown story_peloche

Fiche du film.

Merci à VLACK (LD)

Carton de début…

tong - a chinatown story_carton début_peloche

« En 1968, la grande Révolution culturelle prolétarienne plongea la Chine dans la tourmente. Tout le pays était à feu et à sang. Plus de 10 millions de compatriotes chinois ont tenté de fuir leur pays pour s’échapper des griffes des Gardes rouges. Certains d’entre eux ont été rattrapés et exécutés. Leurs cadavres ont été jetés à la mer, d’autres ont été retrouvés dérivant sur la Rivière des Perles (à Canton). Ceux qui ont réussi à s’enfuir se sont retrouvés à Hong Kong… »

(Merci à Panda pour la traduction)

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