Action, Drame

The Roar of the Vietnamese (1991)

Viet Gang

Scénariste-réalisateur de The Roar of the Vietnamese (1991), Jeng Wing-Chiu n’a effectué qu’un bref passage dans l’industrie cinématographique hongkongaise. Trois réalisations seulement dont une dernière au titre évocateur : The Mystery of the Big Boobs (1992). On sent le produit racoleur qui flaire bon la tendance de l’époque. Pourtant son second film dénote d’un intérêt certain. Il utilise le contexte politique et social des boat people qui fuient le Vietnam pour se réfugier à Hong Kong tout en ayant l’espoir de s’envoler pour des contrées lointaines comme les États-Unis. Jeng Wing-Chiu narre alors l’histoire très inspirée d’une poignée d’entre eux, utilisés par un gang de malfrats pour exécuter des contrats en échange d’un billet pour l’eldorado états-uniens…

The Roar of the Vietnamese s’ouvre sur des images d’archives qui nous plongent dans la triste vérité de ces clandestins qui fuient leur pays. Ces images sont suivies d’un reportage de télévision où une journaliste réalise un constat sans appel. Elle y souligne la hausse de la criminalité avec une mise en parallèle des arrivées massives de vietnamiens. Sujet polémique, situation bouillante, les basses du film de Jeng Wing-Chiu sont alors posées. Cette effervescence autour de l’arrivée des boat people est propice à contextualiser la fiction qui se joue alors. On pourrait voir The Roar of the Vietnamese comme un film qui montre d’une façon habile un état des lieux d’une société à la xénophobie latente, le début du film le laissant présager. Mais il se montre également comme un film qui surfe de façon opportuniste et participe d’une certaine manière à cette image lugubre sur les réfugiés vietnamiens et les conséquences de leur présence. Le reste du film se fourvoie essentiellement dans une pure série B violente et ensanglantée. Prétexte donc à nous en mettre plein la vue bien que le récit s’efforce de temps à autre de justifier ces agissements criminels. On comprend les espoirs qui animent cette poignée de réfugiés prêts à tout pour atteindre leurs rêves d’évasion et manipulés à bon escient par des malfrats sans scrupules. Les personnages sont donc loin d’être manichéens. Ils évoluent dans un Hong Kong obscur, terrés dans un appartement petit et vétuste qui leur ferait presque regretter le camp de réfugiés. Les seules sorties « autorisées » de cette « prison » sont pour l’exécution de contrats mandatés par leurs « geôliers ». Une fois libérées, tel des bêtes hors de leur cage, ils tuent de façon expéditive sans aucune limite et faisant preuve de peu de discernement.

Le drame The Roar of the Vietnamese développe en surface un sujet fort qui n’est pas le propos principal de l’auteur. Ce dernier offre avant tout un film d’action sombre et désespéré où se mélange assassinat à la machette, gunfights et combats pieds/poings. Il est un film digne d’intérêt qui ravira les amateurs du genre. La mise en scène se tient à l’image des interprétations.

the roar of the vietnamese_peloche

Fiche du film.

Merci à wisely (DVD)

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