Action, Drame, Epouvante/Horreur

Her Vengeance (1988)

Martyre

Reconnu de nos jours comme étant le pape du bis à HK, Lam Nai-Choi enfantait avec Her Vengeance (1988) un morceau d’exploitation peu présent dans sa filmographie. Oubliez ici le côté Z d’une œuvre comme The Seventh Curse (1986) et laissez-vous entrainer dans ce rape and revenge, remake du Shaw Brothers The Kiss of Death (1973) de Ho Meng-Hua. Ce thriller horrifique traité de façon réaliste nous entraine dans la vengeance implacable d’une femme martyrisée et plus encore.

A Macao, Chieh Ying (Pauline Wong Siu-Fong) travaille dans un cabaret.  Elle se heurte violemment à cinq hommes au comportement frustre. Alors qu’elle rentre chez elle, les cinq hommes l’entrainent dans un cimetière et la violent. Atteinte d’une maladie sexuellement transmissible, elle se met en quête de vengeance…

Her Vengeance est de ces œuvres de genre qu’on pourrait rapprocher des films d’épouvante états-uniens des seventies. Il y a une tension permanente qui participe à l’ambiance sordide du film. On assiste à des actes immondes et à des meurtres plus glaçants les uns que les autres. Il s’en dégage une atmosphère pesante à la fois sombre et brutale. Lam Nai-Choi filme son héroïne comme personne. Il lui confère une aura forte tout en mettant en exergue cette touche féminine qui tranche avec ses excès bestiaux. Il personnifie en elle l’incarnation même de la « Vengeance » qui se veut belle mais aussi et surtout dangereuse. Personnage quasi-schizophrène, Chieh Ying campé par la merveilleuse et talentueuse Pauline Wong n’en est que des plus fascinants. Deux visages s’offrent alors à elle, entre l’impassibilité effrayante et la douceur fragile. Un état psychologique enfermé dans cette bulle à l’état de marasme chaotique. Laissée pour morte dans un cimetière, c’est sa pureté et son innocence qui ont été tué par l’infâme. Tel un mort-vivant, elle revient d’entre les morts pour assouvir une vengeance à la morale plutôt ambiguë et extrême. Lam Nai-Choi n’est jamais bien loin de légitimer l’auto-justice comme unique solution. Il offre ainsi une vision de la société bien terne où les nuits sont glauques à l’image des rues et des nightclubs. La pluie qui tombe ne fait que renforcer cette image d’oppression et de peur. Une pluie qui ne parvient pas à laver le vice et semble, métaphoriquement parlant être le sang des victimes qui coule. Sans ça, Her Vengeance est prenant de bout en bout. L’histoire dépeinte est forte et maîtrisée à l’image d’une mise en scène réussie qui démontre le talent de son auteur. Visuellement aboutie, ce rape and revenge vaut également pour son casting. Les « ordures » sont admirablement interprétées (dont Shing Fui-On et Billy Chow Bei-Lei). On retrouve aussi Lam Ching-Ying (également chorégraphe) dans un fauteuil roulant qui livre quelques scènes où excelle son talent martial.

Plus qu’un simple film d’exploitation tentant de surfer sur une histoire horrifique quelconque et rabâchée, Her Vengeance est un drame d’action qui contextualise la place de la femme dans la société. Par sa vision extrême et à travers ce cri de révolte, Lam Nai-Choi réalise un constat amer de qualité.

Fiche du film.

Merci à vaultkeeper (DVD)

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