Action, Drame, Ero'/Porn'

Behind the Pink Door (1992)

rape DV (MST) suicide kill murder

Je ne m’enflammerai pas à dire que c’est un monument ! Avec ce point d’exclamation qui accompagne l’enthousiasme qu’une œuvre cinématographique peut me communiquer. Enfin, j’exagère sans doute les traits d’un film qui ne ménage pas son spectateur avec son lot de scène de viol, d’une enquête de flic un peu facile et d’une vengeance un peu creuse. Ce film, c’est celui de Lam Gam-Fung, Behind the Pink Door (1992). Ce Category 3 tendance tragique allie, malaxe (surtout les poitrines) et mélange… sexe et enquête policière. On y retrouve notamment la future madone de ce sous-genre, j’ai nommé Pauline Chan Bo-Lin dans son quatrième rôle au cinéma.

En rentrant d’une soirée, la voiture de Lyon tombe en panne. Un voiture s’arrête avec à son bord une poignée d’hommes qui décident de l’aider. Ils changent très vite d’idée et violent Lyon à la chaine. Lyon dont le petit ami (Alex Fong Chung-Sun) est policier et dont la sœur (Pauline Chan) est hôtesse dans un bar décide d’aller au commissariat porter plainte. Son petit ami la freine dans son élan de peur que cela entrave sa carrière professionnelle. Lyon qui se sent abandonnée quitte son petit ami et apprend qu’elle a contractée une MST. Elle se suicide. Pourtant tout ne fait que commencer pour son ex-petit ami policier et sa sœur…

Ce que l’on retiendra de Behind the Pink Door, c’est la monstruosité dont fait preuve ce groupe d’homme, des malfrats qui traficotent dans les voitures et la drogue. Ces immondes individus, sans pitié aucune et en véritables prédateurs violent des femmes sans défense et se payent des prostituées à longueur de métrage. Une orgie de sexe nous éclate en pleine face alors qu’à côté de cela, une femme meurtrie doit vivre avec cette salissure qui l’abîme. Elle abandonnera son combat face à la lâcheté de son petit ami et devant une nouvelle qui termine un travail commencé la nuit de cette rencontre dramatique, celle d’apprendre qu’elle est atteinte d’une MST. Le suicide comme échappatoire, elle laissera un petit ami interprété par Alex Fong qui ne peut s’y résoudre. Il ne peut que se sentir responsable des conséquences qui ont touché sa petite amie, Lyon. Il se met alors en marche pour débusquer les infâmes mais devient très vite impuissant pour les coincer. Loin de s’aligner sur un Charles Bronson en mode auto-justicier ou bien encore d’un inspecteur Harry, le personnage de Alex Fong est bien trop respectueux des lois. D’autant plus qu’il est frappé d’un vague à l’âme qui annihile tout soubresaut qui pourrait se traduire par une folie (auto-)destructrice.

Behind the Pink Door égratigne donc l’image des hommes. En gros, se sont soient des salauds qui violent ou des individus qui n’assument pas face à l’adversité. Le salut (ouf !) viendra des femmes, la gent féminine spoliée de toute dignité. Une en particulier s’affirmera, c’est la sœur de Lyon qui est interprétée par Pauline Chan. Quant à la finalité, les hommes gardent le dernier mot à l’écoute de cette voix masculine (celle de la Justice personnifiée par cette unique voix, voir un dernier plan qui nous montre un tribunal de l’extérieur) annonçant la sentence qui condamne l’acte vengeur de ces femmes. Behind the Pink Door est un film qui pourrait faire froid dans le dos tant on y démontre l’impuissance des femmes et le peu de considération qu’elles ont dans une société des plus machiste qui soi. Une vision plutôt glauque voire désespérée de nos sociétés patriarcales.

Notons deux choses au sujet de ce film et le rapport au viol. La première c’est cet espèce d’impunité qu’ont les hommes qui violent, chose qui n’est pas nouvelle dans de nombreux Cat.III. La deuxième, c’est le personnage interprété par Alex Fong qui refuse que sa petite amie violée porte plainte. Il n’assume pas. Il a peur de la honte. On sent le regard de l’autre, le jugement d’une part de la société. Surtout, il n’a aucune considération pour elle (ou du moins qui arrivera trop tard et encore). On sent que le viol est tabou et pose véritablement problème dans la façon d’affronter cet acte.

A noter que Pauline Chan nous a quitté, il y a maintenant dix ans. Elle s’est donnée la mort en 2002.

Fiche du film.

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