Action, Policier

Coolie Killer (1982)

Des tueurs pour cibles

Film précurseur en matière de polar nerveux où les gunfights sont légions mais également film phare précédé d’une jolie réputation dans l’univers des fans de cinéma hongkongais, Coolie Killer (1982) de Terry Tong Gei-Ming met en scène l’acteur Charlie Chin Chiang Lin (On the Run, 1988) dans un rôle dramatique. Ce dernier endosse le costume classieux d’un tueur à gage, Ko Da Fu qui est à la tête d’une équipe d’assassin, tous spécialistes des armes à feu. Un soir, ils sont éliminés un par un. Ko Da Fu parvient quant à lui à échapper à la mort in extremis. Il se cache alors pour comprendre qui leur en veut et ainsi préparer sa vengeance…

En pleine nouvelle vague HK et précédant l’avant-garde du film d’action sous les traits de John Woo, Coolie Killer se posait aux débuts des années 80 comme une œuvre à part entière par son traitement réaliste et âpre de l’action. La mise en scène de la violence notamment celle des armes à feu évite toute stylisation au profit d’une violence froide et sec. Il en ressort surtout une ambiance qui se veut sombre et suintant une fatalité lugubre et poisseuse. Dans une course-poursuite contre la mort et pour la survie, le temps semble s’être arrêté pour nos protagonistes. Ils évoluent le plus souvent dans une nuit désespérée et des plus menaçantes. On devrait écrire ces deux dernières phrases au singulier. En effet Ko Da Fu, personnage interprété par Charlie Chin est très vite seule contre tous. Il déambule dans ce polar de l’asphalte sans connaître l’identité de ses assaillants. Très vite, nous sommes happés par l’histoire simple mais efficace qui plonge notre anti-héros dans les méandres d’une survie à bout de souffle. L’amour (Cecilia Yip Tung) s’invitera dans de bref interstice pour permettre à Ko Da Fu de récupérer. De brèves misent en parenthèses qui se mêleront à des rebondissements collant au récit. On allouera ici l’interprétation de Charlie Chin qui tient à merveille son personnage en lui donnant une dimension dramatique. Sobrement et sans fioriture, il campe avec conviction son rôle.

Coolie Killer est un polar jusqu’au-boutiste qui précédait admirablement les Long Arm of the Law, les films de John Woo et autre On the Run de Alex Cheung Kin-Ting. On passera sur ses aspects parfois kitsch, voir les tueurs en roller ou bien encore les effets de mise en scène douteux, voir la séquence accélérée pour n’en garder finalement que la force cinématographique qu’il s’en dégage.

On notera la présence de Danny Lee Sau-Yin qui campe déjà un rôle de policier qui le caractérisera par la suite ainsi que de Yueh Hua (The Imp, 1981) dans le registre du flic désinvolte.

Fiche du film.

Merci à Nine99 (VCD)

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10 réflexions sur “Coolie Killer (1982)

  1. Ah mon pauvre, c’est con quand même que t’es dû te taper comme moi la version VCD bien charcutée sur les côtés et st bouffés…
    J’ai depuis récupéré une version widescreen et à l’image nickel…
    Très bon film, je plussoie!🙂

    • Quelle version pourrie tout de même ! Le pire c’est que c’était un choix volontaire de ma part ! Ouais, je sais, j’ai un souci.🙂 J’avais cru comprendre que la fin de la version du DVD n’était pas la même. Du coup, je voulais le découvrir avec cette « vraie » fin. Je ne vais pas dire que je regrette, hein ? Mais à l’occasion, je le verrais en meilleur qualité. Le film mérite amplement qu’on s’y attarde de nouveau.😉

      • oui effectivement je suis au courant de ces deux différentes versions sur la fin. Mais j’avais pas fait gaffe si la version dvd était différente de celle du vcd.

      • Ce qui aurait été véritablement dommage c’est d’en avoir eu un mauvais ressenti. Ça n’a pas été le cas donc, ça va. Je pourrais ainsi le revoir avec plaisir en DVD.
        Pour revenir sur la fin du film, la version DVD n’est pas inintéressante même si je préfère de très loin celle du VCD. Je trouve cela étonnant qu’ils n’aient pas préservé la même fin d’un format à l’autre. On peut dire que la morale est sauve. On image alors le besoin (?), l’envie (?), la volonté (?) de l’avoir fait… mouais.

  2. Chip E dit :

    Polar nerveux et opaque qui, plus encore que On the Run, m’a fait penser à Men from the Gutter tourné l’année suivante et tout aussi bon.
    À part ça il m’a fallu plusieurs secondes pour reconnaître Danny Lee affublé d’un brushing à la Frédéric François🙂

    • « Men from the Gutter », intéressant. Je connais ce titre parce que faisant partie de la filmographie de Lam Nai-Choi mais je ne me suis jamais penché dessus. Tu m’y fais penser et c’est bien cool. Je vais me le procurer et ainsi en faire un parallèle entre les deux films.
      Aaah, Danny Lee et son brushing… il me fait triper. Et ce n’est pas la première fois qu’il est affublé de la sorte ! ^^ Une autre époque, un autre temps.

      • Chip E dit :

        Rudement conseillé ! Du grand brut de décoffrage. D’ailleurs l’évolution de Lam Nai-Choi est assez déstabilisante: on dirait qu’il est passé du corps de William Friedkin à celui de Max Pecas.
        Pour Danny Lee, j’avoue que c’est la première fois que je le vois dans un tel accoutrement. En même temps il n’a jamais été réputé pour ses goûts de luxe (la veste à rayures dans The Killer vaut son pesant de graines de soja ^^)

      • > « l’évolution de Lam Nai-Choi est assez déstabilisante: on dirait qu’il est passé du corps de William Friedkin à celui de Max Pecas. »

        Très intéressant ce que tu écris là. Cela offre une certaine vision du Bonhomme.

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