Action, Triade

Cheap Killers (1998)

Gay-Hero Movie

Lorsque le père Wong Jing écrit le scénario de Cheap Killers (1998), il y a eu quelque chose qui s’est passée dans sa vie. Une chose attraite aux femmes, c’est certain. Il a une dent contre la gente féminine et il n’y a rien qui puisse contre dire cet état de fait tant il le démontre. Il produit dès lors ce film dont il donne la réalisation à son tâcheron préféré (une extension de lui-même en somme), Clarence Ford. Ce dernier met en scène l’histoire d’une amitié plus que virile qui est ici mise à rude épreuve. L’agent perturbateur se révèle sous les traits généreux d’une jeune femme, Ling (Kathy Chow Hoi-Mei). On y suit deux tueurs professionnels qui travaillent pour un chef de Triade (Henry Fong Ping). L’un d’eux, Yat-Tiu (Sunny Chan Kam-Hung) un coureur de jupon invétéré tombe amoureux de Ling, accessoirement la femme de leur fournisseur d’arme (Ku Feng). Les ennuis s’accumulent et commençaient déjà lors de l’exécution d’un contrat. Yat-Tiu décidait avec son comparse Sam Cool (Alex Fong Chung-Sun) de laisser en vie un garde du corps…

Cheap Killers c’est le film misogyne par excellence. Il y a de grande chance que nombre de femmes qui viennent à le voir soient outrée par cette complaisance anti-« Elle ». S’il diabolise les femmes, il porte au flambeau l’amitié des hommes en y exaltant une forte aura homosexuelle. L’ambiguïté sur la nature des sentiments de nos deux tueurs est telle (et d’autant plus frappante) que Yat-Tiu s’amusent avec les femmes sans les prendre aux sérieux une seconde. Il accumule les relations sans lendemain comme pour se convaincre de sa prétendue (mais fausse, disons-le) hétérosexualité. Aussi et quoiqu’il en soit, l’amitié avec Sam Cool passe avant tout. Ce dernier, père d’un jeune garçon qui est gardé par la mère du premier, n’a semble-t-il pas de femme. Précisons qu’il semble les vomir. On sent qu’il a un passif obscure et tendancieux avec la gent féminine. De là à dire qu’il aurait viré sa cuti, il n’y a qu’un pas. Un pas que l’on franchi à la vue des scènes homo-érotiques qui s’accumulent. La relation qu’ils entretiennent fait donc penser à celle d’un couple gay qui s’assume tel quel. Une relation qui se renforce d’autant plus lorsque nos deux « héros », constamment habillés de blanc (pureté de ses deux êtres) connaîtront la déchéance ensanglantée qui tâche.

Cheap Killers est un melting-pot d’heroic bloodshed à l’ancienne. Il s’inscrit notamment dans la grande tradition des films de héros mutilés. On y retrouve des choses déjà vues comme la trahison, la déchéance de nos tueurs mais aussi des situations dramatiques très appuyées. L’un d’eux tombe même dans l’enfer de la drogue après avoir été blessé physiquement et psychologiquement. Je ne parlerais seulement que d’une scène de viol. Elle montre toute la cruauté du monde interlope dans lequel évoluent nos personnages. Scénaristiquement, la trame est simple et suit un parcours convenu. Du côté de la mise en scène, Clarence Ford se tient en offrant des scènes d’un érotisme à l’humidité omniprésente jusque dans les combats à l’arme blanche qui en disent long. Les scènes d’actions justement n’ont rien d’exceptionnelles. Elles manquent tout de même d’explosivité bien qu’on assiste à quelques explosions (!). L’ensemble est correct dirons-nous. En terme de prestations, les acteurs offrent un jeu convainquant dans lequel s’invite la belle gueule Stephen Fung Tak-Lun. On lui préfèrera de très loin le patibulaire (loin d’être péjoratif) Alex Fong à l’âme triturée qu’il communique avec conviction ainsi que la désinvolture et la perdition de Sunny Chan.

Si l’on a parfois l’impression que Cheap Killers part en roue libre et peine à faire avancer son récit, il parvient tout de même à offrir un film à la violence crade exacerbée et intense. Notons que certains pourraient être rebutés par l’hyper-émotivité des personnages et son aspect parfois bancal.

Fiche du film.

Merci à docpain (DVD)

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