Ero'/Porn'

Blood of an Indian Fetish Cult (1984)

Porn ethnic

Eh bien mes aïeux ! Quel film je n’ai pas vu là. Pour de l’obscur c’est de l’obscur. Vous m’excuserez de commencer ainsi mais j’avais besoin de m’exclamer de la sorte. Je pensais voir un film hongkongais et la vérité est tout autre. Encore une production taïwanaise qui se cache en tentant de se vendre comme un pur produit HK. Vous êtes prévenu. Vous aurez beau cherché ici et là sur le net, tous vous le vendent plus ou moins comme étant de l’ancienne colonie britannique. Pour les autres le pays d’origine reste un point d’interrogation ou à quelques rares exceptions, on parle bien d’AV Taiwan. J’oubliai ! Intronisons cette production érotico-porno-fantastique. Je pourrais même enlever le genre associé « érotique ». En effet les actes sexuels n’étant pas simulés, on peut dire qu’il est purement pornographique même s’il y a de temps à autres des scènes plus soft. Ce film taïwanais donc (et non HK) c’est Blood of an Indian Fetish Cult (1984).

Il y a peu d’informations qui circulent à son sujet, si ce n’est souvent les mêmes que l’on retrouvent d’un site à un autre. De ces informations qui circulent beaucoup semblent erronées. On nous parle notamment d’un « cult of Chinese who idolize American Indians ». Rien de tel ici. La tribu (avec moins de dix membres) qui prend place sous nos yeux est constituée en vérité d’aborigènes de Taïwan. Cette tribu Gaoshan est notamment reconnaissable à  leurs vêtements. Maintenant vous dire de quel groupe ethnique il est question, je ne pourrais pas. Une autre information qui s’affiche c’est la langue. Sa fiche IMDb (oui ce film en a une !) indique le samoan (sans doute dans une version d’origine, allez savoir). Pas faux lorsqu’on sait que les tribus ethniques taïwanaises parlent pour beaucoup d’entre elles une langue du sous-groupe formosan des langues austronésiennes, cela pourrait se rapprocher par extension. Les informations que l’on peut également glaner sur le web l’associe au chinois, en l’occurrence au mandarin (à ce que j’ai pu en comprendre lors du visionnage et semble l’unique langue parlée par ailleurs). Restons sur sa fiche IMDb sur laquelle on a récupéré l’année de production (aucune autre date différente autre part). Les accréditations nous parlent à la réalisation d’un certain Kun Boa Man. Inconnu au bataillon. Sa fiche personnelle s’arrête à cette seule production au même titre que les deux acteurs listés : Hong Yu Hong et O’Wai Nai. Un troisième, Moan Fung est listé sur d’autres sites. IMDb toujours et ensuite j’arrête. Un avis est laissé par un membre qui écrit : « supposedly bizarre piece of sleazy HK horror with Amy Yip. » Je confirme un fait, la non présence de l’actrice Amy Yip Ji-Mei (voir les captures des trois seules actrices en fin de billet). Un autre titre alternatif, souvent référencé existe : Innocent Nymphs.

Maintenant que nous avons déblayé certains points entourant Blood of an Indian Fetish Cult, rentrons dans le vif du sujet. Sachez que j’ai vu ce film en version originale sans sous-titres. Ils auraient aidé à la bonne compréhension de la chose, croyez-moi. Parce que s’il est question de sexe avec pas mal de scène étalée tout du long, ça parle beaucoup. Du coup des zones d’ombres se dessinent sur les réelles intentions de chaque personnage. Il y a bien une chose que l’on comprend en le regardant, il est question de rites sexuels (et de mariage ?) c’est un fait. Une chose tout aussi compréhensible est que nous avons à faire à une production fauchée. Au-delà de la piètre qualité de la VHS, tout dans ce film permet de se rendre compte de la pauvre entreprise que Blood of an Indian Fetish Cult représente. Esthétiquement c’est zéro comme la mise en scène aux nombreux faux raccords. Je ne parle pas des cadres qui souffrent en plus d’un changement de format lors du transfert sur VHS, voir les acteurs rognés (c’est sans doute un subterfuge, qui sait ?). Le récit est plombé par des ellipses en nombre. Tout ceci me fait penser que le montage y est pour beaucoup dans ce naufrage. A croire qu’on a mis un gamin derrière la table de montage. On pourrait également souligner les décors misérables : un terrain vague, l’intérieur d’une maison, le même intérieur qu’on habille pour faire croire à une hutte ou accessoirement à l’intérieur d’un appartement en ville. Les prestations des acteurs sont approximatives, proche d’un feuilleton foireux/foiré. Quant à l’histoire, c’est obscur. On enchaîne les scènes de sexe avec pénétration en gros plan, les fellations et autre cunnilingus. Devons-nous préciser que c’est mal filmé et pas du tout excitant ? On notera tout de même un nombre important de positions kama-sutresque. L’emploi de la musique aussi entre tonalité de la décennie précédente et bien sûr eighties avec les fameux synthétiseurs. C’est un film de son époque qui pille allégrement le thème musical de S.O.S. Fantômes (Ghostbusters) et l’instrumental de Against All Odds (Take a Look At Me Now) de Phil Collins, tout deux de la même année que ce métrage. D’autres musiques attendent d’être listées…

Sans ça avec Blood of an Indian Fetish Cult, il semblerait qu’on tombe pile poil dans la période amoureuse de cette tribu où de jeunes gens sont réunis pour copuler notamment les trois filles du chef du village (mais là, il reste à confirmer le lien de parenté). On y voit un couple se former, l’homme effectue la première épreuve et est naturellement récompensé par la deuxième. Ce même mâle est ravi par une autre jeune femme (l’une des autres filles du chef de la tribu ?) qui semble coucher avec l’ensemble des membres du sexe opposé. Une scène plutôt cocasse la montre d’ailleurs avec l’un d’eux devant un statut de Bouddha. Elle parvient à faire croire au bougre de service qu’il faille se mettre nu pour satisfaire la divinité et hop elle assouvit sa soif de sexe. Intéressant. Notons également que l’une des jeunes femmes va même jusqu’à provoquer la mort de l’un des hommes durant l’acte. L’un des rites sexuels est surprenant. Faut-il encore que cela en soit un. En pleine nature, un homme est attaché par les mains à une corde et soulevé en l’air par la jeune femme. Cette « nouvelle » version du jeu du pendu permet à la jeune femme de s’atteler aux préliminaires. On est dans du pur bondage. Teruo Ishii aurait apprécié la démarche. Ajouter à cela des histoires de prières vaudouistes (un sorcier qui a pour spectre un squelette), des envoûtements, des jeunes qui quittent leur terre natale pour la ville mais qui sont rappelées par les forces obscures (ah la scène du collier !) pour réaliser leur devoir de copulation et les soixante huit minutes de Blood of an Indian Fetish Cult sont plus ou moins résumé. Pour ma part je retiendrais surtout une séquence, un personnage plutôt fun. Dans cette nature quasi verdoyante pour décor, un homme nu s’entraîne au kung-fu. Un kung fu singulier puisqu’il semble aguerrir sa force pénienne et ceci sur le thème musical de Wong Fei-Hung (qui sera reprise pour une scène de sexe). On peut ainsi le voir plonger son pénis dans un bol remplit d’une mixture, sans doute proche de l’alcool ( ?) ou bien forniquer avec un arbre ! Il nous montrera plus tard l’étendu de son kung-fu en action. Une scène incroyable (mot bancal pour exprimer le WTF ?! de ladite scène) dont l’action sera repassée plusieurs fois. Anthologique.

Blood of an Indian Fetish Cult (aka La Fille du Chef d’après la traduction mandarine) est une bizarrerie qui réunit de la sorcellerie, une pincée d’horreur qui n’en est pas vraiment, un côté sadomasochiste, un homme qui semble avoir un jumeau mais « ils » semblent être en vérité des quadruplés (je n’ai pas encore saisis cet aspect de l’histoire), une mante religieuse, un chef de village qui fume le cigare et porte des lunettes de soleil, etc… une production pornographique fauchée taïwanaise obscure et sans intérêt. On rigole aussi bien que l’on est consterné.

Je me demande encore ce que fait un tel film dans les rayons du Hong Kong Movie Video Club.

Fiche du film.

Merci à damagedbrain (VHS)

Les trois actrices du film. Sont-elles les filles du chef de la tribu ? Et si des fois vous voyez Amy Yip dans le lot, n’hésitez pas à me le dire…

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12 réflexions sur “Blood of an Indian Fetish Cult (1984)

  1. Merci de nous informer de la chose. Assez incroyable cette coquille. Mais est-ce qu’on parle bien du même film… ? En tout cas, je l’avais déjà écrit mais c’est là qu’on voit les soucis qu’il y a à reprendre une info d’un site à l’autre, sans jamais réellement faire des recherches. Même les infos IMDb ont contaminé les sites/blog/forum chinois ! C’est dire…

    Concernant ton second lien, j’étais déjà tombé dessus. Je n’y avais pas plus porté d’intérêt à cause de la date mais également en prenant un à un les acteurs du casting. Aucun d’eux ne correspond à ceux du film. C’est assez passionnant et fatiguant de rechercher des infos mine de rien. Là pour le coup, c’est dingue de penser qu’on a à faire à des indiens des states et que personne ne s’interpelle sur HK/Taïwan/Taïwan/Ethnie locale… enfin bref. Les évidences parfois.

    Tiens, ça me fait penser qu’il me semble en avoir vu des films de Jang Sun-Woo… pas un souvenir impérissable.

    • Martin dit :

      En fait on revient au nom de l’infae Thomas Weisser qui aurait parlé d’un Indian Fetish Cult de 98 par Jang Sun Woo dans un de ses bouquins. Le probleme c’est que le gars chronique plein de films qu’il a pas vu, voire qui n’existe pas! (Japon, Italie, etc). C’est le même mec qui est l’origine que fake uncut de The Beast (parce que le mec vend des bootleg aussi tant qu’a faire ..). Il y eu un mix monstre entre ce film (vendu par Weisser, avec un titre fantaisiste) et ce fake de Jang Sun-Woo qui n’existe pas!. IMDB a repris tout ça, melangé, tenté de corriger, et sa s’est propagé sur la toile.. La réalité est surement beaucoup plus simple, c’est un porno taiwanais appelé « La Fille du Chef ».

      Dans le même genre, tu trouves des films taiwanais cul aux titres très bootleg comme « Mind Fuck » , « Ghoul Sex Squad ». En HK, tu trouve »Crazy Lesbian Woodchopper » (en fait, « Two girls Faced »)

      • Je comprends mieux l’effet boule de neige qui peut en ressortir. J’avais eu l’occasion de tomber sur son blaze à lui, un bouquin sur le cinéma d’exploit’ asiat’. C’est dingue de bosser un sujet comme il le fait. C’est sans doute grâce à lui que beaucoup pensent y trouver Amy Yip dans ce film.

        Sans ça merci pour les titres des bootlegs. Je vais tenter de les éviter ceux-là (ou pas).😉

    • Une fois que je lance un film, j’ai beaucoup de mal à arrêter.🙂 La flemme sans doute de me lever du canap’. Ce film a de la chance quoique rien que pour le kung-fu du mec tout nu… et puis je devais savoir si oui ou non Amy Yip se trouvait dans ce film !😉

      > « Mr Vampire revisité! »

      Hum… intéressant…

    • Aaah Xavier l’univers des collectionneurs réservent parfois de jolies surprises. A une époque, des copies de la VHS ont circulé.
      Vous pourrez trouver des informations sur le net, si vous vous en donnez la peine. Il est aussi bien référencé sur IMDb que le site chinois Douban et on en parle aussi bien sur des forums en Asie qu’aux États-Unis. On peut également trouver sur le net des captures d’écran, des avis succincts, etc… Je l’ai moi-même vu ! Puisque j’en parle. Il existe donc bel et bien. Et si vous le cherchez sous son titre chinois : « 酋长的女儿 », vous aurez l’occasion sans doute de le récupérer en ddl. Enfin, si les liens sont toujours actifs.

      • Martin dit :

        je rejoins tout à fait xavier, ce film n’existe pas et je vous soupconne d’avoir été jusqu’a prendre des photos de vos amis dans votre jardin pour illustrer ce billet fantaisiste!

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