Epouvante/Horreur

In Between Loves (1989)

Lam Kor-wan spirit

Voilà un petit film sympathique qui mélange les genres en alliant comédie et horreur. In Between Loves (1989) de Allan Fung Yi-Chin (Crazy Games, 1985) a la trempe d’un thriller qui sait être à la fois léger et dur. Un thriller qui sait nous faire rire et frémir. Il jouit surtout d’une ambiance qui parvient à nous immerger par son aspect bon enfant pour enfin nous emprisonner et ainsi nous transporter dans ces pointes horrifiques. Au-delà de son immersion, la grosse réussite de ce film reste les nombreux retournements de situation savamment utilisés. Si la mise en scène juste tient le bon rythme et que le montage s’avère par moment judicieux, il y a un travail d’écriture indéniable dont l’acteur principal Alfred Cheung Kin-Ting participe comme co-scénariste. Ce dernier joue un chauffeur de taxi amoureux d’une présentatrice télé (Maggie Cheung Man-Yuk). Cet amour à la limite de la déviance obsessionnelle va révéler aux grands jours des assassinats que la presse relais…

Si l’ensemble est avant tout une comédie à laquelle on adjoint des artifices tel que le suspens, In Between Loves s’est aussi l’aura du tueur en série Lam Kor-wan qui plane. Ce prédateur qui défraya les chroniques journalistiques hongkongaises était un chauffeur de taxi qui profitait de sa fonction pour attirer ses victimes. Ici, il est intéressant de voir que cette fonction de chauffeur de taxi est au cœur même de l’histoire. Le personnage Chang Hsin Lung (Alfred Cheung) s’accuse de meurtres violents qui ont alors lieu pour attirer le regard de la journaliste qu’il aime. Il ne serait pas extrapoler que d’y voir la volonté de tirer sur la corde de souvenir traumatique encore vivace dans la population hongkongaise. En effet l’arrestation du tueur en série c’était faite en 1982. Il devient alors ici une source d’inspiration pour créer cette œuvre de cinéma qui parlera aux spectateurs. S’il y a une profession qui est mise sous les feux des projecteurs dans In Between Loves, c’est bien le métier de journaliste qui est ici incarné par Jenny Tung, personnage interprété par Maggie Cheung. Elle est l’incarnation même de ce journalisme sensationnaliste à la recherche du scoop à tout prix. On y décèle une certaine forme de critique sur la déviance d’un métier qui recherche toujours plus de faits divers gores et ensanglantés et ce pour faire de l’audimat. Les situations, savoureuses sont le plus souvent tournées en ridicule pour notre plus grand plaisir de spectateur.

In Between Loves n’est un pas un chef d’œuvre, loin de là. Il est de ces divertissements réussis qui font passer un agréable moment et servis pour l’occasion par un casting de qualité (Sandra Ng Kwun-Yu, Lawrence Ng Kai-Wah, Michael Chow Man-Kin, etc…). On se laisse doucement bercer par son côté léger qui s’enfonce sec dans le macabre pour se rendre compte que non et puis finalement y être pour de vrai. Vous l’aurez compris ce film de Allan Fung sait jouer avec nos sentiments. So HK.

Notons la présence au casting de Lawrence Cheng Tan-Shui personnage au multiple casquette qui s’illustra notamment au scénario avec les films Encore (1980) ou bien The Desperados, la même année. Il réalisa également quatre films au début des années 90 comme Murder (1993). S’il est également connu comme producteur, on le connait surtout pour ses nombreuses prestations devant la caméra de Red Panther (1983) à Finale in Blood (1993) en passant par Stool Pigeon (2010).

Fiche du film.

Merci à Toto14.

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7 réflexions sur “In Between Loves (1989)

  1. Martin dit :

    Un peu trop endivesque comme acteur le Alfred, mais bon .. ça passe quand même🙂
    J’aime bien l’intro qui explose le quota blague naze en 2 minutes chrono.

    • Là-dessus, je te rejoins. Alfred Cheung, il est bon pour des seconds rôles, il a la tronche de l’emploi. Quant à lui refourguer le rôle principal, c’est osé. C’est surtout une erreur de cast’. Pour le reste, j’apprécie les acteurs et actrices qu’on retrouve. Du coup, ça rattrape cette erreur et on peut profiter du spectacle.

      L’intro est effectivement savoureuse. Sacrés chauffeurs de taxi. Les scènes dans le bar sont pas mal aussi entre le concours de boisson et celui des langues étrangères, nawak !🙂

  2. ça me fait penser à He lives by night cette ambiance entre tueur en série et présentateur télé. C’est vrai qu’Alfred Cheung, il a un peu la tête d’une moule…

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