Drame

Horses (1978)

Les Courses

S’il y avait un intérêt à Horses (1978) de Cheung Ho se serait sans doute sa plongée dans l’univers des chevaux de course. Il y a véritablement une empreinte sociologique sur ce petit monde qui n’est pas exempt de reproche. On y découvre la face sombre d’un métier qui use de différents artifices (et stratèges) pour doper les chevaux. Ajoutez à cela des rivalités de propriétaires qui gagnent gros et vous vous retrouvez dans une confrontation de celui qui dopera au mieux son canasson. On y suit dès lors un groupe d’hommes qui gagnent son argent à faire du pur sang un vainqueur incontesté. Le film de Cheung Ho nous offre d’ailleurs quelques scènes crues à tendance réalistes. Il y a également cette volonté de l’auteur de nous introduire dans l’ambiance de vraies courses auxquelles on assiste en tant que spectateur (on imagine que c’est aussi une question économique). La caméra aime également filmer la foule qui s’agglutine au stade et se trouver en son sein comme pour renforcer l’effet d’immersion. L’acteur Bill Tung Biu, petite main de ce « réseau » donne d’ailleurs de sa personne. Il incarne à merveille son rôle. On a véritablement le sentiment qu’il baigne dans cet univers. Notons qu’il est notamment le scénariste de ce long-métrage, son seul et unique scénario crédité. On y découvre aussi quelques personnages sympathiques au milieu des paris d’argent et des accointances entre jockeys.

Pourtant Horses est loin d’emballer. S’il y a un intérêt à découvrir cet univers et les malversations qui l’entourent, le film pourrait rebuter si l’on est peu enclin à cet environnement. Il est parfois ennuyeux d’assister aux échanges verbaux sur les courses qui se déroulent (ou vont se dérouler) et les confrontations entre « gros portefeuilles ». Nous sommes peu impliqués par leur leitmotiv, celui de gagner coûte que coûte. Il est toujours intéressant de voir l’échelle du réseau criminel, les petites mains qui se démènent en prenant des risques et les pontes qui sont là pour récolter les billets. Il faudra tout de même attendre l’entrée en scène de la police, ici personnifié par Phillip Chan Yan-Kin (dans l’un de ses premiers rôles au cinéma) pour voir l’intrigue s’emballer et pénétrer de plein pied dans le film policier. Pas de grande enquête ici, les choses se font avec une certaine facilité. Peu importe, Horses arrive sur sa fin en se refermant sur des coupures de journaux. Film-vérité voire film-journalistique, Horses n’est pas qu’une fiction sur un univers du jeu d’argent qui déchaîne les passions. Il y a une véritable volonté de nous montrer les coulisses qui firent apparemment parler d’eux dans la presse.

Horses suit une trame classique dans sa narration. Il est sans réel talent de mise en scène. Les prestations des acteurs et actrices se révèlent correctes. On n’échappera pas à un rythme parfois mou et à une histoire simpliste, sauvée par son aspect « investigateur ».

Une spéciale pour Bill Tung Biu (Esprit d’Amour, 1983) que l’on connaît pour ses nombreux rôles de policiers. Il met, pour son deuxième film en tant qu’acteur la main à la pâte (voir 3ème capture). On peut donc dire qu’il s’est écrit un rôle sur mesure.

Soulignons que l’actrice qui interprète la petite amie du personnage de Bill Tung Biu est la productrice, réalisatrice et actrice du film Torrid Wave (1982), son unique mise en scène. Meg Lam Kin-Ming s’est notamment illustrée dans des films comme Massage Girls (1976), Disco Fever (1979) ou bien encore Carry on Wise Guy (1980).

Fiche du film.

Merci à Toto14 (Streaming TV)

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7 réflexions sur “Horses (1978)

  1. Martin dit :

    un peu déçu aussi par celui là (pas que j’en attendais énormément pourtant), ça se suit mais sans plus. La scène dite de « la main à la pâte » m’a bien fait rire quand même🙂

    (tu as oublier de recadrer les captures ^^)

    • Mouais, je m’interpelle même sur sa nature « cinématographique » en fait. Je me demande si c’est pas plus à qualifier de téléfilm qu’autre chose. Dur de lui trouver des points positifs. Le père Bill Tung Biu a bien fait de se consacrer au métier d’acteur. On ne peut pas dire que son scénar’ pèse bien lourd. Même s’il le remplit de détails intéressants. Apparemment il aurait interprété d’autre personnage qui gravitait autour des chevaux de courses. Ça devait être l’une de ses passions. Je le conseillerais seulement si l’on est fan du bonhomme ainsi que de Phillip Chan. Ça permet de les voir aux balbutiements de leur carrière respective.

      Sinon cette fameuse scène m’a fait triper aussi. Surtout de les voir et les entendre s’émerveiller du « résultat ». Tu sens que Bill Tung Biu sait y faire avec les canassons.

      (j’ai eu la flemme, j’ai déconné je sais, je me rattraperais pour les autres ^^)

  2. ce genre de films m’intrigue et me botte… J’imagine le rythme du film mais ça ne me rebute pas pour autant. Je crois que je vais me le faire sous peu.
    T’as l’air d’avoir trouvé du temps pour mater quelques films ces temps-ci?! ^^

    • Je pense que pour un passionné comme toi, tu te dois de le voir. Gare à l’ennui quand même. Fais-toi un café.🙂 Sinon, je sais aussi que tu retiendras les mêmes chose que moi et Martin ^^ et puis tu l’oublieras dans un coin.😉

      Ouais, j’ai pu voir du film la semaine dernière. Après c’est le temps pour écrire qu’il faut. Cette semaine, je me suis maté « Excuse Me, please ! » et « Seven Sexual Maniacs » seulement (et pour le moment).😉 Pour ce dernier, je publie le billet ce soir. Il ne mérite pas qu’on s’étende dessus.

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