Fantastique

Excuse Me, please ! (1989)

Vengeance d’outre-tombe

Petite production, Excuse Me, please ! (1989) de James Yi Lui (qui se donne par ailleurs un rôle) mélange les genres et sous-genres mais surtout les cassures de ton. On passe dès lors d’une comédie fantastique à un drame quasi-horrifique pour terminer sur une note plus légère mais tout de même ensanglanté. L’univers du film est des plus singuliers puisque nous partageons le quotidien de personnes qui vivent du commerce de la mort. D’un côté, des employés de cimetière qui lavent notamment des ossements (hum, intéressant). De l’autre, des prestataires mortuaires qui ont la particularité d’avoir des prêteurs sur gages aux basques. Ces derniers pour éponger leurs dettes vont avoir la mauvaise idée d’enlever une jeune employée (Lee Ching) du cimetière pour la prostituer. Elle a notamment la particularité de communiquer avec les esprits. Au moment de l’enlèvement, nos prestataires en profitent pour la violer. Séquestrée, elle parviendra à s’évader pour préparer sa vengeance…

A la lecture de ce résumé succinct, vous ne vous étonnerez pas de voir Excuse Me, Please ! classé en Category 3. Certaines productions hongkongaise ont la particularité de créer des histoires plutôt « folles » voire loufoques. Pour ce cas précis, on n’échappe pas à la chose. Le film nous montrent par la même occasion l’importance de la religion et des croyances. Le réalisateur-acteur James Yi Lui n’hésite pas à nous faire rire tout en mettant en scène des actes clairement malsains. On m’avait prévenu de son obscurité, de son aspect primitif et bordélique. Il va de soit que Excuse Me, Please ! réunit tout cela à la fois. Il arrive qu’on soit abasourdi devant les différentes directions qu’emprunte le récit. La caractéristique de cette production est tout de même de parvenir à nous faire apprécier ses protagonistes principaux qui vont se révéler comme des bêtes assoiffées par le sexe et l’argent. Ce volte face est tout de même nuancée pour certains d’entre eux. Ils ne sont donc pas tous mis dans le même sac. Ainsi Cock ( ?), le personnage interprété par Richard Ng Yiu-Hon (The Private Eyes, 1976) serait le gentil de l’histoire. Cela ne l’empêche pas d’être couard et refuser d’aider notre héroïne devenue fantôme à assouvir sa vengeance. Ce personnage que l’on pourrait qualifier d’ambigu révèle cet état de fait dans l’une des dernières scènes du film. Du coup, on ne peut être que stupéfait de la nature même des hommes et du peu de considération qu’ils ont pour les femmes. Surtout dans cette volonté d’éviter à tout prix les ennuis aux dépends des victimes.

Excuse Me, Please ! est de ces films que l’on pourrait qualifier de « curiosité ». Une curiosité à découvrir devant laquelle on ne s’ennui pas. Le film est drôle même si l’on n’évite pas un humour parfois poussif. On s’y amuse en voyant notamment de quelle façon Richard Ng se démène. Ceci ne nous fait pas oublier que l’on assiste avant tout à la vengeance d’une jeune femme violentée et violée. Il y a du fantôme, des prêtres taoïstes, des règlements de compte à base d’incantations ou encore une crapule de premier choix avec un Shum Wai (Long Arm of the Law, 1984) en grande forme.

A noter la présence de Hui Sui-Hung, un habitué des productions Milkyway en prêtre taoïste.

Fiche du film.

Merci à docpain (VCD)

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15 réflexions sur “Excuse Me, please ! (1989)

  1. J’ai également été perplexe, même dérangé d’une certaine façon. Ce n’est pas la 1ère fois que je voyais un film de ce type mais voir des personnages auxquels on s’attache s’adonner au viol… pas évident à appréhender. Il a quand même un côté nawak appréciable. Maintenant… c’est pas un must et effectivement le mélange comédie/violence n’est pas toujours au poils.

  2. Effectivement. Tu les vois dans un jeu du chat à la souris avec les prêteurs sur gage, à d’autres scènes à tendance comiques (j’évite de trop en écrire) et puis bang ! Lee Ching y passe. V’là le virage à 180°. Même le personnage de Richard Ng censé être le gars différent des autres, tu sens que c’est pas vraiment ça. Étonnant comme film. L’épilogue, je le trouve super limite sur ce qu’il connote. HK WTF quoi ?! ^^

    • Martin dit :

      « Étonnant comme film » … oui🙂 pas bon en soit, ni nul .. mais définitivement autre, je suis très friand de cette ambiance mi-crue mi-rigolarde (et puis un film réalisé par le héros de Red Panther .. ça ne peut être que bien ^^)

  3. Le personnage de James Yi Lui est intéressant d’ailleurs. Il se donne limite le bon rôle. S’il fait parti des crapules qui violent, il gagne une espèce de rédemption qui le rend plus louable à nos yeux en aidant la victime devenue fantôme. C’est lui qui incite d’une certaine façon Richard « Cock » Ng a aider à accomplir la vengeance de la jeune femme. S’il y a un personnage qui se rapproche du « gentil », aussi paradoxale que se soit, c’est lui.

    OK avec toi Martin, ces ambiances sont plaisantes. Il faut tout de même prendre un super recule. Celui qui connait le degré de lecture, c’est cool. Pour les autres… j’en rigole d’avance. Y en aurait qui se choperait de sacrées syncopes.😀

    • LOL oh oui c’est clair faut avoir un sacré recul pour ce genre de films. Mais comment peut-on expliquer à un public lambda que de tels choses filmiques peuvent être appréciées et se regarder… Dur, dur… Je crois que c’est à force d’en bouffer qu’on comprend certaines façon de penser et de fait faut pas avoir peur de s’attaquer à la compréhension d’une culture différente.
      La France mène 2-0…🙂

      • Nous sommes les passionnés de Cinéma les plus ouverts au monde !🙂

        Eh j’entendais des récalcitrants au sujet de Giroud… faut pas non plus s’emballer, la route est encore longue. Et les aut’ zouaves qui sont toujours à une bulle partout. C’est pas gagné là non plus.

      • Martin dit :

        ça m’a fait un peu penser à du Jeff Lau, en plus cru et primitif. D’ailleurs la scène de viol m’a a peine surpris et derangé … je dois matter trop de Cat3!

  4. Je pense mettre bientôt « Timeless Romance » de Jeff Lau justement. J’ai retrouvé ce titre dans mes textes. Il avait un côté foutraque appréciable celui-ci. Il est clair qu’ici « Excuse Me, please ! » est proche d’un certain cinéma de Jeff Lau et qu’il est carrément plus cru et primitif.
    Concernant la scène de viol, elle ne m’a pas plus dérangé que ça (je dois être également touché dans la caboche ^^). Ce sont les violeurs et leurs motivations qui m’ont fait bizarre.
    Sinon, oui je pense que tu mates trop de Cat.3 !🙂 T’es devenu imperméable. Je me demande à quel degré je me trouve… ?😉

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